Skip to content

Posts from the ‘Recettes saveur’ Category

Caramel au miso blanc

Le miso, c’est un peu comme la pâte de crevettes, le cénovis ou le camembert, la première fois que tu plantes ton nez dessus, tu as envie de partir en courant. Depuis que j’habite en Thaïlande, je me suis habituée aux odeurs de nourriture qui dérangent, ici on a quand même le durian et le Jambada qui sont 2 fruits qui dégagent une odeur putride, la pâte de crevettes et autres liquides à base de gouramis fermentés, les odeurs de viande pas fraîche au marché, le poisson séché, le porc fermenté … mais le somment de l’horreur, pour moi, ce sont les pousses de bambou fermentées en saumure qui, une fois cuites, dégagent une odeur puissante de pipi de chat (sans déc ! je te jure que c’est vrai).

Il y a très longtemps de cela, je m’étais organisé un mois de vacances pas chères et j’avais trouvé un bon deal avec un club de plongée en Malaysie : je m’occupais d’accueillir les plongeurs, de nettoyer le centre et de préparer à manger pour le staff en échange de plongées gratuites. Le matin, j’arrivais avant tout le monde et je commençais par installer les tables et préparer le café… Ce matin là, en arrivant au centre de plongée, j’ai été agacée par une odeur d’animal crevé. J’ai un nez assez sensible et j’ai commencé à sniffer autour de moi pour trouver la charogne. J’ai été surprise de me casser le nez sur un truc qui ressemblait à un litchi géant. J’ai chopé la chose et je l’ai balancée dans la jungle, le plus loin possible de mon lieu de travail (pas de soucis car c’est biodégradable et bon débarras car plus d’odeur, tip top nickel). La journée s’est déroulée normalement et à un moment, le patron du club de plongée a débarqué, super énervé, en demandant à tout le monde : “Zavez pas vu mon Durian?”
Puis vu que personne ne l’avait vu, il s’est vraiment énervé : “Non mais c’est dingue, je me suis fait voler mon durian !” La recherche du durian a duré longtemps… moi, je m’en suis pas mêlée car le patron avait l’habitude de faire beaucoup de cinéma et que je n’avais pas la moindre idée de ce qu’était un durian, j’avais bien assez à faire comme ça entre les promenades sur la plage et les baignades dans l’eau à 29 degrés. L’après-midi, un des guides locaux et allé cueillir un durian dans son jardin et l’a apporté au patron, histoire de le calmer. C’est à ce moment là, en voyant le gigantesque litchi brun qu’il portait fièrement que j’ai compris que j’étais la voleuse de durian, je me suis fait toute petite (pas difficile) et toute discrète (beaucoup plus dur). Je n’ai jamais avoué mon crime et je n’ai jamais vraiment compris comment on pouvait avoir envie, sans être menacé de vie ou de mort, de manger un truc qui dégage un telle odeur.

Le miso est une pâte fermentée, à base de riz et de soja, venue du Japon. Elle sert de condiment.

Comme je suis très curieuse, j’avais envie de tester ce fameux miso lorsque que me suis cassé le nez sur un bocal en faisant mon shopping. En ouvrant le bocal, j’ai été surprise par l’odeur puis en l’utilisant pour préparer un bouillon, je n’ai pas été convaincue par son goût puissant et j’ai décidé de ne plus m’y intéresser.
C’est en regardant mon émission culinaire télévisée préférée (Masterchef Australia) que j’ai réalisé qu’il existait en fait plusieurs types de miso et que je n’étais certainement pas tombée sur le plus intéressant ou le plus facile d’accès.
J’ai été très intriguée par une recette de sauce caramel au miso blanc réalisée par une contestante, elle avait ajouté des cacahuètes concassées dans le caramel au miso et elle a servi cela avec une mousse au chocolat blanc et une glace au chocolat… tu vois le genre : chocolat – caramel – cacahuètes … mhhhhhhhh!
Je me suis mise en tête de trouver le fameux miso blanc pour essayer ce caramel étrange. J’ai réussi à dégotter du miso blanc artisanal dans un magasin de produits organiques à Bangkok.


Le miso blanc est préparé à base de riz et de soja, il est moins salé et moins affiné que les autres types de miso. Il est donc plus doux.
Il apporte une touche salée au caramel un peu comme un caramel au beurre salé mais en moins gras car presque sans beurre. Il a un petit je ne sais quoi qui le rend différent de tous les caramels que j’ai goûté. Les petits morceaux de haricot qui composent le miso lui donnent une dimension supplémentaire.
En plus, c’est hyper vite préparé : 10 minutes chrono et vraiment facile à faire … et je suis une vraie tanche en pâtisserie donc si je te dis que c’est facile, tu peux me croire.

Read more

Poisson à la noix de coco et au tamarin

Cette recette, je la tiens de ma cousine Nathalie. Elle-même l’avait trouvée, si je me souviens bien car ça fait un bail (en tous cas 20 bonnes années), dans un livre de recette de Betty Bossi. Tu connais ? Betty Bossi est à la Suisse ce que Martha Steewart est aux Etat-Unis et Donna Hay à l’Australie ! Betty Bossi a accompagné nos premiers pas en cuisine, notamment avec ses recettes originales de cakes qu’on préparait pour apporter aux boums des copains ! Tout cela pour dire que c’est une recette d’avant-guerre mais que si je la prépare encore aujourd’hui c’est pour la simple et bonne raison que ça déchire ! Pour justifier cela je n’ajouterai qu’une chose: Nan a déclaré : “ce n’est pas une recette thaïe mais c’est aussi bon qu’une recette thaïe” ! Première fois que je l’entends dire cela de bon coeur sans être menacé de dormir dans le hamac de la terrasse.

Fait amusant, c’est à cause de cette recette qu’à l’époque de ma jeunesse j’ai découvert le tamarin. Pour le dégotter, je devais prendre le train, aller à Genève à 40km de chez moi et l’acheter dans une épicerie asiatique pleine de trucs que je ne connaissais pas. Toute une expédition.
Aujourd’hui, le tamarin est un élément indispensable à ma nourriture quotidienne : sauces, boissons, desserts, soupes. Il est omniprésent.

Quand au poisson, chaque fois que j’en prépare, je me trouve coincée entre mon estomac et ma conscience, l’un me dit : “oh la la, c’est trop bon” et l’autre répond : “mange pas ça, tu participes à la destruction de nos océans”.
Il est vrai que je n’achète ni poisson ni crevettes en Thaïlande à cause des méthodes de pêches scandaleuses ou des élevages bourrés de saletés. Sans parler de ma découverte concernant l’utilisation de formaline pour la conservation des poissons “frais”. Ici, impossible de trouver des produits bio ou provenant d’une pêche durable, malheureusement. Ces derniers jours, j’ai regardé la série TV qui présente le travail en mer de Sea Shepherd, Ocean Warriors, et bien que je sois parfaitement consciente du massacre de nos océans puisque j’ai travaillé sous l’eau durant 6 ans, ces reportages renforcent encore l’importance de bien choisir le type de poisson que l’on consomme et le fait de se renseigner sur les techniques de pêches utilisées.
Malgré tous mes efforts pour éviter de participer à la surpêche, je me retrouve toujours avec mon congèle plein de poissons et cela me colle la déprime. La soeur de Nan réceptionne la pêche au port des pêcheurs et il lui arrive de se dire que ce serait sympa de m’offrir du poisson frais. Comme elle n’a aucune limite, je reçois rarement un poisson mais bien souvent plusieurs kilos de poissons, de crevettes et de calmars !
Ayant la visite de ma cousine (oui, la même, celle citée un peu plus haut), j’ai demandé à la soeur de Nan de me dégotter quelques belles grosses crevettes directement chez le pêcheur car c’est hors de question que je mange de la crevette d’élevage bourrée d’antibiotiques. Je me suis retrouvée avec presque 2kg de crevettes GEANTES sur les bras ainsi que 3kg de calmars car elle a pensé qu’on apprécierait sans doute du calamar grillé avec nos crevettes, plus 2 gros poissons dont je ne connais pas le nom mais qui sont, semble-t-il, délicieux et impossibles à trouver au marché car les restaurants se les arrachent. Tout cela pour 2… et en ayant demandé que quelques crevettes. J’ai beau expliquer, dire et redire que je ne suis pas une consommatrice de poisson, c’est vraiment très difficile à comprendre pour des gens qui vivent en bord de mer et dont le régime alimentaire se compose à 80% de poisson. Entre la majorité des consommateurs des pays développés qui s’en foutent et la plus grande partie des consommateurs des pays en voie de développement qui ne comprennent pas le problème, on est pas prêt de voir nos océans revivre.

J’espère que je ne t’ai pas coupé l’appétit avec mon petit coup de déprime parce que cette recette est absolument fantastique. Alors fais-moi le plaisir de dégotter un superbe poisson issu de pêche durable et prépare-le avec amour.

Tu peux préparer des darnes ou un poisson entier. Cette fois, le poisson était bien trop grand pour 2, j’ai donc choisi de cuisiner que la queue.

La marinade est très importante, il faut donc t’y prendre quelques heures à l’avance pour que le poissons aie bien le temps de mariner.

C’est un plat qui va parfaitement bien avec du riz et des légumes sautés.

Liste des ingrédients pour 2 personnes :
Read more

Soupe acidulée de poisson au basilic doux

soupe5

Lorsqu’on va au restaurant, avec mes collègues thaïs, ils commandent toujours au minimum:
un plat frit,
des fruits de mer à la vapeur,
une salade,
du riz sauté,
et une soupe.

Normalement en guise de soupe on a un Tom Yam ou un Gaeng Som mais l’autre jour, ils ont commandé une soupe que je n’avais encore jamais goûtée : Tom Jeaw.
Au premier coup d’oeil, ça n’avait rien de transcendant : une soupe claire avec des bouts de poissons et quelques feuilles vertes qui flottent sur le dessus… bof …

Et puis, j’y ai goûté un peu par obligation et j’ai instantanément regretté mes idées préconçues. J’ai eu une explosion de saveurs en bouche. La fraîcheur de la citronnelle, la saveur fumée des piments grillés et le parfum du basilic font de cette soupe une grande gagnante, renvoyant le traditionnel Tom Yam jouer dans la cour des enfants.
Entre nous cela n’a pas été l’amour au premier coup d’oeil mais j’ai, une fois les préliminaires passés, eu un vrai coup de foudre pour ce plat peu commun.

soupe4
La version de cette soupe que j’ai goûtée au restaurant contenait, en plus de tous les ingrédients ci-dessous, des piments séchés puis grillés.
IMG20160310123841
J’ai aussi pris la liberté d’ajouter des morceaux de taro, si tu n’en trouves pas, tu peux les remplacer par des pommes-de-terre ou alors, ne faire cette soupe qu’avec du poisson.

soupe7
soupe6

Il est préférable d’utiliser un poisson entier coupé en morceaux (y compris la tête) ou des darnes. Si vraiment tu n’a pas d’autre choix, tu peux utiliser des filets de poisson… mais ce ne sera pas aussi goûteux.
Choisis un poisson de mer à chair pas trop ferme mais surtout, choisis un poisson qui n’est pas menacé d’extinction lisant bien la liste des espèces recommandées à la consommation.

Read more

Riz frit thaï au crabe

fried-rice1

 

C’est en postant une photo de riz frit sur Facebook que j’ai réalisé que je n’ai encore jamais posté une recette de riz frit sur ce site. Pourquoi ? Bah … parce que je mange tellement de riz qu’il arrive souvent qu’il me sorte par les oreilles.

Ici, on mange du riz 3 fois par jour : au petit déjeuner, au déjeuner et au dîner.
Et entre les repas, que fait-on ?
On mage des snacks à base de riz … bon… il s’agit de riz gluant et il a un goût sucré … mais c’est quand même du riz.

Le matin de bonne heure, aux environs de 5 heures, les ménagères thaïes se lèvent et commencent à cuisiner. Elles préparent le petit déjeuner : du riz blanc et quelques accompagnements comme une soupe de poisson, du poisson frit, des calmars sautés ou du poulet. Avant 7h, toute la maisonnée a mangé le premier repas, arrosé de pâte de crevette pimentée ou de sauce de poisson pimentée et aillée.
Le matin, pour ceux qui ne sont pas d’humeur à se lever tôt et à cuisiner, on trouve toutes sortes de stands ambulants vendant des petits-déj à l’emporter : salade de riz, salade de nouilles, poulet frit, poisson frit, beignets, et snacks à base de riz et de noix de coco. Si tu arrives à te lever avant 7h00, tu as la chance de pouvoir choisir ton petit-déj… mais si tu as de la peine à sortir du lit et que tu arrives après 7h30… tu n’as pas le choix, tu te contentes du peu qu’il reste chez la marchande.
Alors, le riz frit, tu commences à comprendre pourquoi j’en mange pas souvent. Mais, je dois dire, que quand il se trouve devant moi, il ne me déplait pas, bien au contraire.

Il existe des centaines de préparations différentes pour faire du bon riz frit. Certaines plus sophistiquées que d’autres. A la base, le riz frit est un moyen de recycler les restes de riz de la veille. A cela on ajoute quelques légumes. Dans ma région, il s’agit le plus souvent d’oignon, de carotte, de chou, de broccoli chinois. Mais on peut y trouver des tomates, du mini-maïs, des pois mange-tout, des oignons nouveaux.
Certains ajoutent de l’ananas, des pousses d’haricots mungo, des noix de cajou.
Au niveau des protéines, on utilise des crevettes ou du poulet, du crabe ou un mélange de fruits de mer, du porc ou du boeuf. On peut aussi y ajouter des morceaux de saucisses ou du jambon.
Il y a toujours des oeufs pour accompagner le riz frit, soit des oeufs brouillés mélangés au riz, soit un oeuf au plat ou une omelette thaïe servis à côté du riz.
Il est également servi avec un quartier de citron vert, des rondelles de concombres et de la sauce de poisson pimentée (prik nahm pla).
Le riz frit servi dans ma région est préparé avec beaucoup d’ail mais pas de piment. C’est un des rare mets thaï cuisiné sans piment! On assaisonne le riz frit avec de la sauce d’huîtres, de la sauce soja, du bouillon en poudre, de la pâte de crevettes, de la sauce de poisson, du sel, à choix.
Pour un riz frit relevé, on ajoute un peu de pâte de curry rouge (je ne l’ai jamais vu préparé avec du curry vert… mais pourquoi pas). Pour un riz frit légèrement relevé et un peu doux, on ajoute un peu de confiture de piments.

Voilà, en gros, ce que tu peux trouver dans un riz frit … mais attention … il y a 3 règles à respecter :
Read more

Poisson à la vapeur, au citron vert et à l’ail

fish2

Le poisson à la vapeur, au citron vert et à l’ail est un grand classic de la cuisine thaïe. On l’appelle “Pla nung manao” (poisson vapeur citron traduit littéralement). J’ai déjà posté une recette de calmars préparés de la même façon … mais je viens de découvrir un ingrédient spécial qui donne une autre dimension à ce plat. Il est donc temps de partager avec toi cette découverte.

Lorsqu’on mange au restaurant, on commande presque toujours du poisson à la vapeur. Cela change un peu des autres plats thaïs qui comportent souvent de la friture ou des sauces avec beaucoup de sucre. On doit toujours bien préciser qu’on veut notre plat pas trop pimenté (enfin moi) parce qu’autrement, le poisson est complètement recouvert de piments hachés.

Nan m’a souvent parlé du poisson à la vapeur préparé par une de ses soeurs : “il est bien meilleur que celui-ci” que j’entendais à tout-vent !
Du coup, comme j’ai eu de la visite de Suisse et que mes amis arrivaient tard le soir, trop tard pour aller au restaurant, j’ai engagé la fameuse soeur de Nan pour préparer notre repas. Je ne voulais pas passer mon temps en cuisine, je voulais profiter de la soirée avec mes amis… elle l’a bien compris et c’est sans scrupules qu’elle m’a taxé, à elle toute seule, le salaire qu’on paierait à toute une équipe de cuisine!!
Bref,
on a rédigé le menu ensemble : poisson à la vapeur au citron et à l’ail, crabes à la sauce de haricots jaunes et du calmar sauté au poivre.
J’ai eu l’occasion de voir la préparation des plats et de fouiner dans la cuisine quand elle cuisinait. C’est ainsi que j’ai découvert l’ingrédient magique qui donne un si bon goût à sa sauce : l’ail en pickles.

picklesgarlic

Les pickles d’ail Thaï style se trouvent facilement dans les épiceries asiatiques. Le jus est à la fois acidulé, salé et sucré. Elle utilise de l’ail frais ET des pickles d’ail et elle ajoute le jus de ces pickles dans la sauce pour le poisson.
Je dois avouer que son poisson était effectivement délicieux et les autres plats aussi, d’ailleurs.

fish7

Elle a même eu la délicatesse d’attendre la fin du repas pour me balancer la facture… ce qui m’a permis d’apprécier les crabes et le poisson avant de me choper un ulcère ! Nan a vraiment des soeurs fantastiques ! Le lendemain, elle a appelé Nan pour lui faire remarquer que j’avais reçu beaucoup de chocolat de Suisse et qu’elle y goûterait bien !
Mouhahahahahah !

Allez, je saute du coq à l’âne et je te raconte la suite de mon déménagement.
En Thaïlande, quand tu es prof, tu as des droits sur tes élèves. Ici, l’égalité et la liberté sont des notions très vagues. Il y a des couches sociales très marquées, on respecte l’autorité, les gens riches sont influents et craints, on fait des courbettes et des sourires à tout bout de champs. Pour moi, c’est difficile. Je ne m’habitue pas à courber l’échine devant des gens que je ne connais pas (ou même ceux que je connais, d’ailleurs) pour la simple raison qu’ils on plus d’argent que moi ou qu’ils font partie de la municipalité ou de la police locale. J’ai aussi de la peine à accepter que mes élèves se comportent ainsi vis à vis de moi. C’est assez étrange de ne pas avoir d’élèves avec du répondant. Lorsque je donne un ordre, en classe, personne ne conteste. Je peux demander à un élève d’aller nettoyer ma voiture sur le parking de l’école durant les heures de cours, il le fait sans grogner (c’est un exemple, je te rassure, je n’ai jamais eu le culot de demander cela !). Certains de mes collègues font corriger les tests à des élèves, histoire de gagner du temps. Lorsqu’on a une réunion, on sélectionne un groupe d’élèves pour installer la salle, servir les boissons et nettoyer après notre passage. En gros, les élèves sont à notre disposition, c’est normal, c’est comme ça. Il n’a pas de concierge ou d’équipe de nettoyage vu qu’on a de la main-d’oeuvre  gratuite en grand nombre !

IMG_3004

IMG_3006

A l’école, on apprend la soumission. Pas de libre pensée, pas de contestation, pas de rébellion. Ca choque, non ?
Du coup, lorsque j’ai déménagé et que j’ai eu besoin de repeindre la maison, mes collègues (et Nan aussi) m’ont dit : “demande à un groupe d’élèves”.
Ok… l’idée ne m’a pas paru mauvaise : je peux plus facilement contrôler un groupe d’élèves qu’un groupe d’ouvriers thaïs (parce que là aussi, j’ai des histoires à raconter)…
et mes collègues de rajouter : et en plus t’as pas besoin de les payer !
QUOI ???? Tu te moques ? Tu veux que je fasse bosser des élèves, durant le week-end, chez moi, sans même les payer ? Apparemment, il n’y a que moi que cette idée dérangeait, parce que quand j’ai demandé à mes élèves de venir peindre chez moi, ils étaient tout contents et ils ont refusé d’être payés.
Ils ont fait un marché : ils proposaient de venir à 6 peindre ma maison durant 2 jours à condition que je fasse passer le semestre à 2 d’entre eux qui étaient en échec. Ca m’a tellement impressionnée de voir un groupe de copains solidaires venir bosser à l’oeil pour aider leurs potes à passer l’année que j’ai accepté le deal ! (de toutes façons, l’école publique en Thaïlande, c’est comme l’école de fans, tout le monde gagne au final, il n’y a pas d’échec).
Ils sont venus à 6.
Read more

Pickles de jicama à l’ananas

conserve1

Ohhhhh la la ! Les semaines passent et je ne donne pas de nouvelles ! Merci à tous pour vos sympathiques messages et ne craignez rien, je ne suis ni malade, ni morte ! C’est juste que lorsque je suis débordée, je ne cuisine pas. Et quand je ne cuisine pas … eh ben forcément, je ne peux rien poster !
En Thaïlande, c’est trop facile d’avoir la flemme de cuisiner : on fonce au marché et on achète des tas de bonnes petites choses cuisinées, pour 3 fois rien :
– une soupe de nouilles coûte 30 baht
– des kanoum jiin avec des  tas de légumes frais coûtent 30 baht
– un poisson mariné et grillé coûte 60 baht
– des légumes frais juste bouillis accompagnés de sauce piquante faite maison coûtent 20 baht
Bref, je te passe la liste des repas sains et prêts à emporter.
En plus de cette incitation quotidienne à la fainéantise, il faut dire que quand j’ai pas beaucoup de temps à disposition, je ne me lance pas vraiment dans des nouvelles recettes, je cuisine mes classiques.
Ici, on est du genre riz parfumé, omelette thaïe et légumes sautés. Nan peut manger cela à tous les repas, tous les jours de l’année, sans se plaindre. Si on lui balance un bout de poisson en prime, il a le sourire.

Depuis ma dernière apparition sur le blog, plein de choses se sont passées. Incroyable ! normalement il ne se passe jamais rien dans mon bled perdu. J’ai réussi à trouver une maison à louer et, coup de bol, il s’agit d’une graaaaaaaande maison avec un iiiiiiiiimense jardin. Les maisons thaïes sont généralement construites tout en longueur. Les terrains s’achètent par blocs de 5m de large par 15m de long alors les gens construisent des maisons de manière à optimiser l’achat du terrain.
Dans la région où j’habite, on trouve des tas de maisons à louer … mais … rarement une maison avec jardin et quasiment jamais une villa privée. Le problème c’est qu’il n’y a pas de journal de petites annonces. Il faut faire passer le mot et demander à toutes tes connaissances d’appeler tous leurs amis pour savoir si quelqu’un a une maison à louer.
Tu te retrouves soudain sous une avalanche de coups de fils pour aller visiter des maisons “privées avec jardin” et tu tombes sur ça :
Read more

Petits puddings banane, coco et rhum

puddings4
Si je poste mes recettes à un rythme de moins en moins soutenu, ce n’est pas par perte de motivation, c’est juste que la vie au sud de la Thaïlande ne m’offre pas vraiment de répit.
Il y a eu la fin du semestre scolaire avec la correction de 200 copies en l’espace de 2 jours, la recherche d’un nouveau logement et puis la création d’un site web avec réservation en ligne pour un charmant petit resort sur une île paradisiaque de la région.
Avec tout cela, peu de temps pour cuisiner et pour te préparer de nouvelles recettes.

Dans notre bientôt ex-jardin (je reviendrai sur cette sombre histoire dans mon prochain article), on a plein de bananiers. Certains sont en fleur et on a 5 régimes de bananes qui mûrissent tranquillement. Derrière la maison, les arbres sont rachitiques et produisent des mini-bananes de consistance bizarre et beaucoup trop sucrées… pas terrible du tout !

banana2

Mais à l’avant de la maison, il y a un groupe de bananier qui produit de belles bananes qui s’annoncent bien bonnes. On les chouchoute depuis 3 mois. On tuteure l’arbre pour pas qu’il ne tombe sous le poids des bananes, on lui coupe les feuilles les plus âgées pour qu’il donne assez de nutriments à ses fruits… on attend avec impatience que les bananes soient prêtes à être récolées mais ça prend du temps. Il y a quelques jours, Nan a annoncé d’un ton très solennel que les bananes seraient ramassées dans moins d’une semaine ! J’étais toute émoustillée !
Et il avait raison, je ne sais pas s’il l’a vu dans sa boule de crystal mais les bananes ont bien été ramassée … sauf qu’elles l’ont pas été par nous !
Dimanche matin, étant seule à la maison, j’ai fait la larve… et soudain, alors que je trainais les pieds dans mes rêveries, j’ai entendu un grand CRAAAAAAAC en provenance du jardin. Comme c’était pas un crac de carrosserie de voiture froissée, je me suis pas inquiétée, trop en manque d’énergie pour vraiment bouger. Au second grand CRRRRAAAAAAACCCCC, je me suis dirigée vers la porte et l’ai ouverte au rythme du pas-de-saucisson. Et là… vision d’horreur, mon état larvesque a été instantanément enseveli sous la bave du pitbull enragé : “NON mais c’est quoi ce binz ?”
Le beau-frère de la propriétaire était entrain de charger mon régime de banane dans son pick-up.
En m’apercevant, et surtout en voyant la fureur sur mon visage, il a dû réaliser qu’il devrait partager son butin pour pouvoir s’en aller sans se faire mordre par un animal enragé… et il m’a tendu 2 misérables mains de bananes en compensation.

bananes1

Read more

Salade de légumes façon Som Tam

somtam1

Les journées passent à la vitesse de l’éclair. J’accumule les photos à te montrer et les histoires à te raconter et je ne prends pas le temps de les poster. La saison des pluies est loin d’être terminée mais il ne pleut plus tous les jours et il fait chaud. Du coup, autour de ma maison, tout pousse à la vitesse de l’éclair. Après 2 mois dans cette nouvelle maison, on a enfin réussi à vaincre la mauvaise herbe (presque 2 ans que personne ne nettoie le jardin). Voici quelques photo avant-après :

jardin4kaffir

Basilic sacré, combava, citronnelle, manguier, anarcadier … le tout caché dans une jungle de mauvaises herbes habitant scolopendres et scorpions.

jardin2pkwaan

Ces buissons (Pak Waan, traduit littéralement par légume doux) servent souvent de haie autour des maisons. On peut manger les jeunes feuilles, elles se préparent comme des épinards. Les fleurs bleues que tu vois sont des fleurs de pois, on les utilise comme colorant naturel, elles n’ont pas de goût particulier mais elles colorent les desserts thaïs ou le riz. (J’ai récupéré les graines et je prépare les plantons).

jardin3garden

banana4

Les bananiers commencent à produire, j’ai eu droit à un beau régime de bananes et à une magnifique gigantesque fleur de bananier. Les bananes sont entrain de mûrir sur l’arbre. On a coupé la fleur et on l’a préparée crue, en salade. C’est un vrai délice. J’ai appris à préparer une salade de fleurs de bananiers durant mon cours de cuisine Thaïe à Chang Mai. C’était particulièrement bon. Mais la meilleure des recettes se trouve dans le superbe livre de recettes : Issaya du chef Ian Kittichai. Tu peux trouver cette même recette sur le délicieux blog de Claire. C’est la recette que j’utilise dorénavant.
Read more

Calmars sautés à la confiture de piments

encornets3

Cette fois-ci les rôles sont inversés, je suis en mode thé chaud, soupe à la courge et gratin de pommes-de-terre et toi tu es du genre smoothie glacé et salade. J’ai même sorti ma seule et unique paire de chaussettes que je garde normalement pour les voyages en avion. Dans la maison, je me les Gèle (si, si, avec un G majuscule!), je vis sous mon duvet mais, malheureusement, je ne peux pas éteindre les ventilateurs sous peine d’odeurs nauséabondes et de moisissures sur les meubles. Le taux d’humidité a fait péter la sonde : la lessive ne sèche plus.
Allez, je te balance un petit film pour te faire partager ma douleur (pas de commentaire sur l’état du jardin, stp. On a finalement réussi à défricher l’avant de la maison… tu peux d’ailleurs voir papayer, bananier, galanga, gingembre, jasmin, calamansi … mais l’arrière de la maison est toujours à l’état de jungle). T’as qu’à cliquer sur le lien pour visionner la vidéo… (sorry, j’ai toujours pas compris comment afficher la fenêtre du film directement sur ma page.)

weather – Moyenne
tu vois le genre ? C’est la fête à la grenouille tous les jours !

Bon, du coup, je me triture les neurones pour te poster une recette qui te rappelle l’été, sans pour autant me coller des frissons. Et la voici la voilà : THE recette, celle de Nan, celle que quand il la prépare, je fais du pain (parce qu’ici on ne trouve pas de pain dans les magaz) pour saucer la sauce du plat. Nan me regarde toujours de travers et j’ai droit à un commentaire du genre : why do you do that ? avec une grimace de dégoût. Mais autant te dire que cela ne me fait aucun effet, tout juste si je l’entends.
Tu vois, ces calmars, tu peux les manger chauds, tièdes ou froids. Tu peux par exemple les servir froid à l’apéro, c’est super top. Ou alors, comme moi, tu les manges bien chauds avec un bout de pain et un grog.

chilijamLa confiture de piments, tu connais ? En Thaï, on appelle ça nahm prik pao. Il s’agit d’une pâte à base de piments doux séchés et grillés, d’ail, d’échalotes, de pâte de crevettes, de sucre, de tamarin et d’huile. C’est à la fois doux et parfumé, c’est très légérement piquant et carrément super délicieux. Si t’as jamais essayé, c’est à tester d’urgence! La confiture de piment peut s’utiliser dans les sauces à salade, dans les soupes ou comme condiment pour sauter des légumes ou de la viande. Mais c’est délicieux également juste tartiné sur une tranche de pain grillé et aillé!

Ce jour là, à la maison, on n’avait plus d’oignons (quand il pleut, je vais pas au marché, je vais nulle part), mais c’est meilleur avec. Du coup, je les ajoute à la recette même si on ne les voit pas sur les photos.
La confiture de piment est toujours recouverte d’une couche d’huile, je te recommande vivement d’utiliser un peu de cette huile parfumée pour faire revenir les calmars.

Je ne te fais pas attendre d’avantage, voici comment procéder :


Liste des ingrédients pour 2 personnes:


400 gr de calmars  frais, entiers


5 gousses d’ail pelées et émincées


2 c.s. d’huile (utiliser 1 c.s. d’huile de la confiture de piment si possible)


3 c.s. de sauce d’huîtres


1 oignon pelé et coupé en lamelles dans le sens de la longueur


2 c.s. de confiture de piment (nahm prik pao)


3 c.s. de sauce de poisson


1 c.s. de sucre


sel et poivre à volonté


 

 

encornets1

Vide, nettoie les calmars, coupe les chapeaux en rondelles d’1cm d’épaisseur, coupe les tentacules en 3.
Fais chauffer l’huile dans une poêle et fais-y revenir l’ail et l’oignon à feu moyen.
Lorsque les oignons commencent à être tendres, ajoute les calmars bien égouttés et fais-les revenir 2-3 minutes.
Ajoute le reste des ingrédients et baisse le feu. Mélange bien, goûte et ajoute sel et poivre.
Mijote quelques minutes, en fonction de la taille des calmars. Attention de ne pas trop les cuire autrement ils deviennent élastiques.

encornets2 encornets5

 

 

Kanoum Krok – petites crêpes à la noix de coco

kanoum5

Aujourd’hui, un peu de douceur dans ce monde de brutes !
Les Kanoum krok sont généralement préparés comme snack de l’après-midi. Ici, les gens ne mangent pas vraiment de dessert mais ils aiment bien grignoter toute la journée. Le truc horrible avec ces kanoum krok, c’est qu’ils sont tout croustillant à l’extérieur, tout fondant dedans et qu’ils sont sucrés juste ce qu’il faut … du coup, quand tu les vois en cours de fabrication dans la rue, tu ne peux pas t’empêcher de t’arrêter pour en acheter.
Comme on les trouve un peu à tous les coins de rue, je ne me suis jamais vraiment donnée la peine d’en préparer moi-même.
Cette fois, je m’y suis mise, j’ai sorti ma “poêle à trous” que j’avais rapportée du Vietnam et, à ma grande surprise, c’est vraiment vite fait et super facile à préparer. Du coup, t’as aucune excuse pour ne pas essayer !

kanoum2

Les kanoum krok qu’on trouve chez les marchands sont soit nature, soit avec des grains de maïs ou avec des oignons verts émincés (chui pas une grande fan de l’oignon dans mon dessert), soit avec du taro cuit et coupé en petits dés. Les meilleurs sont définitivement ceux qui sont préparés nature !

spirit03

La recette se fait normalement avec du lait de coco frais et de la noix de coco fraîche, râpée.
J’ai essayé plusieurs versions dont une sans noix de coco râpée et avec du lait de coco en berlingot et je dois dire qu’ils étaient parfaits à mon goût !

Il y a 2 pâtes : une pour l’extérieur et une pour l’intérieur. La pâte extérieure ne contient pas de sucre, c’est normal. C’est important de bien recouvrir les alvéoles avec cette pâte non sucrée, lorsqu’on ajoute la seconde pâte, qui elle est sucrée, si elle entre en contact avec la poêle chaude, le lait de coco caramélise et brûle. C’est alors difficile de désincarcérer les crêpes.

Les poêles à kanoum krok sont généralement en fonte. De manière traditionnelle, on les fait chauffer sur le feu de bois. La version moderne utilise des brûleurs à gaz. Ces poêles en fonte pèsent une tone et coûtent une fortune. Du coup, au Vietnam, lorsque j’ai découvert des poêles en téflon ultra légères, je n’ai pas hésité une minute. La poêle en fonte a l’avantage de rester très chaude et de permettre de bien dorer ces petites crêpes. Ce n’est pas le cas des poêles en téflon. Mes crêpes sont donc moins dorées mais elles sont plus croustillantes que celles que j’achète au marché !

Ces  crêpes sont meilleures mangées tièdes. On les sert généralement accompagnée d’un petit bol de sucre en poudre et d’un bol de coco fraîchement râpée, on y trempe des crêpes encore tièdes. Personnellement, je trouve ces crêpes bien assez sucrées, je ne les trempe jamais dans le sucre en poudre… mais en Mai, fais ce qu’il te plait !

kanoum4

Read more